Quelques mots sur le maternage proximal et la construction du lien d’attachement

“Mamatoto” signifie “maman-bébé” en Swahili. Cette expression met en lumière que même après la naissance, Maman et Bébé ne font qu’un. Ils sont dépendants l’un de l’autre, et du bien-être de l’un dépend le bien-être de l’autre. Un nouveau-né a besoin de bras réconfortants, de chaleur humaine, de lait disponible et abondant, de mots doux, de bercements, de se sentir porté, enveloppé. Alors mama : tu peux suivre ton coeur et rester collée à ton bébé.

Le mamatoto, c’est un peu l’expression qui nous parle de l’origine du maternage proximal. On peut même parler de parentage proximal pour inclure les deux parents dans cette philosophie post-natale. Le parentage proximal repose donc sur l’idée d’une transition tout en douceur après la grossesse, de respecter ce besoin de continuité du bébé mais de la mère aussi, tout en incluant le deuxième parent. Le parentage proximal, c’est être à l’écoute du besoin de proximité du tout petit, lui offrir chaleur, bercements, contact, douceur et du lait en abondance. C’est rester connecté à son bébé, lui offrir une sécurité affective et émotionnelle, qui lui permettra plus tard d’explorer son environnement et de prendre son autonomie, avec un fort sentiment de confiance en soi et de sécurité.

Quelques mots sur la théorie de l’attachement…

Les recherches du psychiatre anglais John Bowlby dans les années soixante viennent démontrer les bienfaits d’une relation d’attachement sécure. Selon Bowlby, l’attachement se construit par les interactions entre l’enfant et les personnes qui prennent soin de lui : ses figures d’attachement. La qualité de l’attachement dépend de la façon dont on répond aux besoins du bébé : rapidité, constance, cohérence, bienveillance, avec amour. Ses travaux mettent donc en lumière la nécessité de répondre rapidement aux besoins du nouveau-né, qui n’a pas la capacité de comprendre l’attente, et dont la survie dépend entièrement de ses figures d’attachement sur qui il doit pouvoir toujours compter. Une figure d’attachement bonne et fiable permet de faire grandir un sentiment de confiance et de sécurité chez l’enfant qui pourra alors tranquillement explorer son environnement.

Deux choses essentielles à retenir :
1 – Le parentage proximal, par la proximité quasi continue du parent avec son bébé, permet à ce dernier de répondre rapidement aux besoins de son nouveau-né, et ainsi favorise la création d’un lien d’attachement sécure.
2 – Le parentage proximal, par l’abondance de contact en peau à peau et de proximité parent-enfant, favorise la sécrétion d’ocytocine, l’hormone de l’amour, et influence le processus d’attachement parent-enfant.

Allaitement, cododo, portage, peau à peau permettent cette proximité entre parents et enfant. Ces pratiques sont des outils permettant de répondre aux besoins du nouveau-né, que l’on peut s’approprier ou non en fonction de nos intuitions, nos limites, nos contraintes et nos besoins à l’instant T. Je pense que l’on peut être un parent proximal et donner le biberon ou avoir une poussette ! L’essentiel étant de comprendre comment se construit le lien d’attachement et d’intégrer dans sa parentalité ce besoin primaire de proximité du tout petit. De comprendre qu’on peut se faire confiance, se fier à son intuition pour répondre aux besoins de son bébé. De comprendre aussi qu’il ne faut pas s’oublier, et que la société rend parfois difficile le parentage proximal. Et toujours se rappeler qu’il peut être nécessaire de faire un travail de déconstruction, pour se libérer d’héritages sociétaux / familiaux pour pouvoir avancer sur son propre chemin de parentalité.