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Je vais vous faire une confidence.

Je ne parle quasiment jamais de cette souffrance. Plus de deux ans de nuits hachées. J’en ai les oreilles qui bourdonnent. Certains matins tout mon corps me fait mal, j’ai pas envie de me lever mais il est 6h30 et c’est l’heure de la tétée.  Ça m’est arrivé de hurler. Le soir, le matin, en plein milieu de la nuit. J’arrive à maitriser les mots mais pas l’intonation. Pas la voix qui éclate et qui fait l’effet d’une claque. Je me suis détestée pour ça. J’ai tellement culpabilisé. Parce qu’il n’a rien demandé, lui. Il n’y est pour rien si il n’arrive pas à se rendormir, si il se réveille la nuit. Il subit lui aussi. Je suis tellement désolée mon bébé si tu savais…

Je me souviens de certaines nuits, certains soirs. L’enfant ne veut pas dormir, mais il est épuisé. Moi aussi. Il est 22h passée. Je sens la colère qui monte en moi, puis tout ce tourbillon d’émotions que je ne reconnais pas. C’est immense, c’est intense. C’est une vague de souffrance dans laquelle je me noie. Mon mari prend le relai. Je m’enferme dans ma chambre, et je tape. Je tape mes cuisses de toutes mes forces car la seule issue possible pour faire sortir cette ouragan émotionnel, c’est d’incarner la rage dans la chair. Dans MA chair.

Je me souviens de certaines nuits, certains soirs. Le coeur vide et les pensées noires qui tournent en boucle dans ma tête. Je me vois penser à toutes ces mères qui se sont foutues en l’air. Et je pleure dans le noir.

Tout s’est effondré vers ses 4 mois, sans qu’on comprenne vraiment pourquoi. 2, puis 3 puis 4 puis 10, 12 réveils la nuit. Des siestes qu’en portage, enlacé dans son écharpe tissée. Faire 200 squats pour l’endormir, puis ne plus bouger pour ne pas le réveiller. Puis des siestes en poussette pour soulager mon dos cassé. Marcher des kilomètres en plein mois de janvier. Surtout ne pas s’arrêter, il risque de se réveiller. Et les nuits, toujours infernales, des réveils en pleurant alors qu’on dort à côté. Je suis là mon amour, pourquoi tu pleures ? Mais la tétée ne suffit plus, l’enfant met 45min, une heure, deux heures à se rendormir profondément. Il est agité. Je ne dors pas plus de 2h d’affilée pendant des mois, sans que je comprenne pourquoi. J’ai cherché pourtant, je vous jure ! J’en ai lu des trucs sur le sommeil, sur les cycles, les régressions, les apprentissages, la maturation du cerveau… Rdv pédiatre, gastro pédiatre, éviction des PLV, changement de vitamine D, micro kiné, pédopsy, kinésio, homéo, ostéo, changer de lit, le mettre dans sa chambre, refaire complètement sa chambre, faire du cododo, dans notre chambre, dans sa chambre, et même faire venir une énergéticienne pour nettoyer l’appartement… On s’est fait accompagnés aussi par des pros du sommeil, on a rempli des tableaux, répondu à des questionnaires. Repérer les signes de fatigue ? Mais QUELS signes de fatigue ? Cet enfant peut courir un marathon à 3h du mat’, il ne montre jamais qu’il est fatigué ! On a revu les rituels. Oui parce que l’endormissement aussi, c’est compliqué. Rien ne fonctionne vraiment. Si seulement il suffisait que je lui tienne la main pour qu’il s’endorme, si seulement !! Alors j’ai expliqué en larmes, qu’il était tombé du canapé à 3 mois, puis j’ai creusé la piste psy. Est ce qu’il se réveille la nuit pour que je puisse me prouver que je sais m’occuper de lui ? Aie-je besoin qu’il ait besoin de moi ?

Une thérapie, pour moi. Et des séances spécialisées en transgénérationnel. J’ai fouillé mon arbre généalogique, j’ai étudié les dates. Et cet ancêtre qui est mort le jour de sa naissance, est ce qu’il le poursuit la nuit ? J’en ai appris des trucs, j’ai déterré des démons, mais les nuits étaient toujours pourries. Mais mon eczéma, apparu à la naissance de mon fils, s’est aggravé. Des plaques sur mes doigts, sur le haut de mes mains. C’est encore un signe, c’est ça ? si ça sort c’est que je suis sur la bonne voie ? Putain mais répondez-moi ! J’ai envoyé des prières à l’univers.

Et un jour s’est posée la question du sevrage nocturne, Léonard avait 18 mois, j’ai dit ok. C’était ça ou l’implosion, dans mon corps et dans mon couple. On y est allé petit à petit, c’était long. Les pleurs m’ont littéralement déchirée en deux. Mais son Papa était là, pour lui expliquer, le câliner, le rassurer. Vers 22 mois il était sevré la nuit, les réveils ont continué, les pleurs dans les bras de son papa aussi.

Puis, après une nième consultation psy, on a modifié un peu notre rituel le soir, et les réveils ont un peu diminué, il a fait ses premières nuits complètes. Deux ou trois. Mais la plupart du temps il se réveillait encore 2 ou 3 fois. Très souvent j’avais les yeux ouverts 30 secondes avant qu’il pleure. Ça m’arrive encore. J’ai presque peur quand je me réveille la nuit : vais-je l’entendre hurler ?

Puis les réveils se sont fait un peu plus doux, et les rendormissements plus rapides. Depuis le sevrage nocturne, c’est son Père qui gère le soir et les nuits. Pendant quelques mois on a eu une période d’accalmie (entendre : 1 nuit complète par semaine environ et entre 1 et 4 réveils le reste du temps). Puis on est partis en vacances, la rentrée est arrivée et tout est reparti en vrille. C’était en septembre dernier. On a voulu commencer à alterner les nuits, c’était dur. On a réussi quelques semaines puis ensuite, Léonard hurlait “Mamaaaan” quand c’était au tour de son Papa de s’en occuper. Malgré la verbalisation, la réassurance. Lui qui subit les cris, moi qui les subit aussi. Si je viens, j’arrive en sauveuse et on s’engueule. Si je ne viens pas je me noie dans mes larmes. Quel message on lui envoie putain ? Que quand il hurle mon nom je suis pas là ? Que je l’entends mais que je ne viens pas ? Qu’il ne compte pas pour moi ? Qu’il ne peut pas compter sur moi ? Et un rêve qui me revient. Un rêve récurrent de mon enfance. Moi qui me réveille dans mon lit une peur atroce dans le ventre et qui hurle “Mamaaan” mais aucun son ne sort de ma bouche, personne ne viendra, personne ne m’entend, et cette sensation d’être mangée par l’angoisse. C’est ça qu’il ressent mon petit chat quand il hurle et que je ne viens pas ? Et son papa qui me répète : mais je suis avec lui dans ces moments là, il est pas tout seul ! Et je suis son père, merde, pourquoi il me rejette comme ça ?

Et nous voilà. Deux parents qui se noient dans la souffrance de leur enfant. Celui qui s’occupe de la nuit a le droit de dormir le matin. Depuis quand on n’a pas petit déjeuné ensemble ? Je ne sais plus.

Aujourd’hui, ça va un peu mieux. Loulou aura 3 ans en mai. Il a refait quelques nuits complètes, les pleurs ne sont plus systématiques. Mais on n’alterne plus vraiment. C’est de nouveau son Papa qui gère. Et si c’était moi le problème ? Il faut combien d’années de thérapie pour avoir toutes les réponses ?

Aujourd’hui, notre réalité, c’est aussi un enfant qui s’endort entre 21h30 et 22h15. Qui se réveille régulièrement entre 1 et 4 fois. Et qui se lève entre 6h30 et 7h. On est épuisés. J’ai l’impression que l’enfer est passé, mais chacune de mes cellules est encore gorgée de cette fatigue immense, celle qui t’empêche de réfléchir, celle qui t’empêche d’affronter les vaguelettes quotidiennes, celle qui plonge ton cerveau dans le brouillard. Celle qui te freine dans tout, qui absorbe ta créativité, qui t’empêche d’avancer. Ma jauge d’énergie est presque toujours dans le rouge. Mes cycles de sommeil sont tout pétés, mes nuits parsemées d’insomnies. J’ai fait un mois de janvier slow, car j’étais physiquement et émotionnellement au bout du rouleau. J’ai récupéré un peu, mais ça me semble tellement fragile !

Je me rends compte à quel point ces deux dernières années ont été rudes… 

Et puis y’a toutes ces questions : on nous dit que ça passe, mais ça passe quand ? Pourquoi moi ? Pourquoi lui ? Qu’est ce que j’ai fait ? C’est quand il est tombé ? Je lui ai détraqué le cerveau ? Mais pourtant le jour tout va bien, tout le monde le dit, c’est un petit garçon ultra sécure, un explorateur, il va super bien. Oui mais la nuit, qu’est ce qui cloche ? Tu te plains alors qu’il est en bonne santé, t’es gonflée quand même. Y’a pire dans la vie. Ouais c’est vrai, mais c’est dur quand même. J’ai le droit de le dire tu crois ? Y’a un fantôme dans sa chambre ? Un ancêtre qui vient lui rappeler que la nuit c’est synonyme de danger ? Qui ça peut être ? Est ce qu’il va garder des séquelles, des traumas ? C’est quoi le message de l’univers ? J’ai tout creusé bordel, envoyez moi des réponses ! Quand est ce que je vais me sentir reposée à nouveau ? Est ce que mon cerveau va sortir du brouillard ? Est ce que je vais pouvoir faire autre chose que dormir pendant mon temps libre ? Comment je fais pour envisager un deuxième enfant ? Et si il dort pas ? Gérer la fatigue du 1er trimestre avec un ainé qui dort pas c’est impossible. Elles font comment les autres ? Est ce que mon couple va survivre à tout ça ? Et moi ? ça laisse des traces deux ans sans bien dormir ?

A vous tous les parents de la team #nuitspourries, je vous voie, je vous aime, on est des putain de warriors. On va y arriver, on n’a pas le choix de toutes façons. Nos enfants sont nos lumières, nos guides. Souvent je me dis que sans ces soucis de sommeil, j’aurais peut être pas entamé ma thérapie. Et pourtant c’est le plus beau cadeau que je puisse faire, à moi, à ma famille, à ma lignée. Guérir les traumas. Ne plus porter le poids des blessures de mes aïeux. Ne plus les transmettre. Avancer vers cette paix intérieure. Cette pensée là m’aide à tenir. Et celle-ci aussi : chaque nuit pourrie nous rapproche des nuits complètes

Et puis ne faites pas comme moi. Ne croyez pas que vos besoins primaires peuvent passer après. C’est faux. Demandez du relai, des nuits pour vous reposer, n’attendez pas que votre corps dise stop. Prenons soin de nous. Prenez soin de vous.

Et chez vous, le sommeil, c’est comment ?