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Quand on prépare son projet de naissance, je pense qu’il est important de penser aussi aux premiers instants qui suivent l’expulsion, à cette heure d’or dont la sacralité devrait être bien plus respectée qu’elle ne l’est en réalité dans les maternités aujourd’hui, en grande partie à cause du manque de moyens humains. Je vous invite à lire ce petit article pour prendre conscience de ce que vous souhaitez vraiment vivre le jour J, et vous préparer en conséquence. Bonne lecture !

A travers ses nombreuses transmissions, Karine a éveillé ma conscience sur une multitude de sujets autour de la naissance. Je garde en moi certaines de ses phrases comme de véritables mantras. Et celle-ci en fait partie.

“Il faut laisser aux familles la sacralité des premiers instants.”

Karine Laseva, créatrice de Quantik Mama et co-fondatrice de l’école Quantik Doula

Combien de femmes, de familles se sont vues volés les premiers instants avec leur bébé ? Combien de bulles d’ocytocine ont été percées par des pinces à clamper, des coups de ciseaux, des éclats de voix, par des mains froides sur un corps épuisé par l’effort, par des lumières trop fortes, une atmosphère bruyante, des questions ou des commentaires non sollicités, par un bébé qu’on éloigne du sein de sa mère pour qu’il soit tout de suite mesuré, pesé, évalué ? Beaucoup trop.

Dans nos maternités aujourd’hui, chaque acte est minuté. Les naissances s’enchainent, les sage-femmes sont sur les rotules. Le post-partum immédiat est expédié, il faut faire vite. Tout doit être propre, dedans et dehors.

 

Je me souviens…

Les quatre fers en l’air, on me répète 50 fois par minute de pousser. Le monitoring se met à biper à chaque contraction. Elle utilise ses mains pour écarter mon périnée. “Poussez madame, encore ! Sinon on va devoir appeler quelqu’un” Je fais que ça, je suis sortie de ma bulle, dissociée de mon corps que je ne sens plus même sans péridurale. “C’est super ce que vous faites, c’est super, encore une et il est là”. Mon cerveau est câblé sur la fréquence de sa voix. Je suis rouge pivoine et des vaisseaux sanguins éclatent sur mes joues. “C’est bon, super, il est là, c’est un beau bébé !” Je comprends rien. Il est sorti ? Des tas de mains touchent mon corps, on m’essuie, on change ma blouse. La lumière m’éblouit. Elle me le tend, je suis pas tout à fait revenue. On me le pose sur le ventre. Le cordon est court, il est déjà clampé. “On va vous injecter de l’ocytocine pour la délivrance madame, d’accord ?” Elle me parle ? C’est quoi l’ocytocine ? Oh et puis faites ce que vous voulez, il est sorti maintenant. Elle prend mon bras pour m’injecter le Syntocinon. “Regardez comme il est beau votre bébé !” Ah oui, mon bébé, oh je l’aime, bienvenue mon amour, mais mon dieu, plus jamais ça. “Monsieur, vous allez pouvoir couper le cordon, vous voulez toujours le couper ?” Putain j’ai mal en bas quand même. On me reprend mon bébé. Il part avec son papa juste à côté. Les soins se font dans la même salle. Elle me masse le bas ventre, la sensation est désagréable. Je sens un truc gluant qui glisse entre mes jambes. “Et voilà le placenta, c’est parfait il est complet, vous n’avez pas beaucoup saigné”. Ouf je n’ai pas beaucoup saigné. Je peux voir le placenta ? Elle me le montre de loin. “Regardez, là c’est la poche ! Votre bébé était juste là !” Mes émotions se bousculent un peu. Je m’entends la remercier, et lui dire qu’elle est formidable. J’aurais voulu le voir de plus près quand même. Il est où mon bébé ? “On va mettre bébé en peau à peau avec son papa, vous avez déchiré un peu, je vais devoir faire quelques points.” Merde, j’ai déchiré. J’espère que c’est pas trop la cata. Elle m’insère un énorme tampon. “ça va ?” Heu c’est vraiment très désagréable quand même mais bon… “Je vais y aller, je vais faire un point spécial qui ne se voit pas ! C’est une super technique, ça va très bien cicatriser.” Elle commence, outch, ça fait super mal. “Je vais remettre un peu de spray anesthésiant” Je sens toujours tout, la vache, putain de sa mère. Je prends sur moi. C’est quoi ces kilomètres de fils à travers ma chair là, je lui demande si c’est Tchernobyl en bas. “C’est bientôt fini”. Je suis ultra tendue, j’ai super mal. Une quinzaine de minutes plus tard je l’entends couper le fil. “C’est tout bon, c’est parfait. Vous pensez pouvoir faire pipi ?” Heu oui ? “Je vais vous mettre un petit pot sous les fesses et quand vous aurez uriné vous m’appelez.” Génial. Je fais pipi allongée du coup, sur mon lit. Enfin dans le pot sur mon lit. Elle revient, retire le pot, vérifie les points. Mon fils est toujours en peau à peau avec son papa. La sage-femme, l’auxiliaire et une troisième personne qui était là partent de la chambre. Et puis enfin, le calme revient, on est seuls, tous les trois, presque deux heures après la naissance…

 

Le personnel soignant a fait de son mieux, avec les moyens qu’on leur a donnés. Dans cet hôpital public de niveau 3, ils connaissent mal la physiologie, puisque la pathologie est leur quotidien. Elles ont suivi les protocoles. Et puis elles sont quoi… 2, 3 pour 10, 12 femmes qui accouchent ? C’est insensé.

 

Rêvons un peu, d’un nouveau paradigme, où la sacralité des premiers instants serait respectée…

Elle enfante accroupie. C’est cette position que lui a dicté son corps pour s’ouvrir en grand. La pièce est sombre. La sage-femme met ses mains car la mère est ailleurs, partie loin entre les mondes. Le bébé effectue sa dernière rotation, glisse hors de son cocon, rattrapé par la sage-femme qui d’un coup d’œil évalue son état. Il va bien. La salle de naissance se remplie d’ocytocine, l’émotion est palpable, on entend en fond une musique relaxante qui invite à la méditation. La mère revient doucement, et la sage-femme plonge ses yeux dans les siens et lui dit sans un mot : tu l’as fait, il est là ! La mère prend son bébé encore relié à elle, découvre l’immensité de l’univers dans son regard, l’embrasse, elle se tourne vers son compagnon, il pleure doucement de bonheur. La sage-femme et l’auxiliaire de puériculture se sont mises en retrait. Il y a un peu de sang par terre, et l’une d’elle pousse la table d’examen pour leur faire un peu d’espace, et la baisse au maximum si jamais la mère veut s’y installer avec son bébé. L’auxiliaire ramène quelques coussins pour rendre le lit plus agréable et la sage-femme va chercher le bol pour le placenta. Le couple observe leur bébé qui cherche déjà le sein pour la tétée. Ils se regardent, retombent amoureux. L’auxiliaire leur tend un lange chaud pour couvrir la mère et l’enfant. Les contractions reprennent, et annoncent la délivrance. Au bout de quelques temps, la mère tend le bébé à son père, elle souffle à nouveau, se met à genoux. La sage-femme observe la scène avec bienveillance et rigueur médicale, elle s’approche doucement, met le bol près de la femme qui l’attrape machinalement. La sage-femme l’encourage en chuchotant des paroles rassurantes. Le placenta sort, la mère le prend dans ses mains, le dépose avec douceur dans le bol, s’essuie rapidement sur les draps. La sage-femme analyse le placenta et évalue les saignements. Rien à signaler. La mère s’installe enfin confortablement, l’auxiliaire ajuste les coussins, ramène quelques alèses, une couverture puis un nouveau lange chauffé pour le bébé. Elle croise le regard de la sage-femme, qui hoche la tête. Elles chuchotent doucement à la mère à quel point elle a été merveilleuse, l’une d’elle lui tient la main : “on vous laisse un instant dans votre bulle d’amour, et on reviendra pour les premiers soins, qu’on fera tous ensemble. On pourra resserrer le bassin aussi. Profitez bien de ces instants uniques, et n’hésitez pas à m’appeler s’il y a quoique soit”. Tous les trois restent dans cette ambiance feutrée, enroulés dans des couvertures et des langes chauffés. Il y a de quoi boire et manger sur la petite table à côté. Le bébé est en peau à peau permanent depuis qu’il est né. Il observe ce nouveau monde depuis les bras de sa mère, la joue collée contre son sein chaud. Il est encore relié au placenta, le cordon a cessé de battre depuis quelques minutes. Il reconnait la voix de ses parents et s’endort paisiblement pour récupérer de cette folle aventure qu’est la naissance.

 

Je pense qu’on peut imaginer mille scénarios plus paisibles que ceux qui sont vécus par la majorité des familles en milieu hospitalier. Mais ces scénarios demandent des moyens humains et financiers. Ils demandent à ce qu’on repense complètement le système périnatal français : développer des maisons de naissances, revenir aux modèles des petites maternités, mettre fin aux usines à bébés, revaloriser les salaires du personnel médical, que chaque femme qui enfante ait une sage-femme pour elle seule, que les femmes revendiquent haut et fort leurs besoins, leurs désirs, leurs souhaits, qu’on prenne conscience de l’importance des premiers instants, de ce moment fondateur pour la famille.

 

En attendant que ça évolue, on fait quoi ?

La première étape c’est la prise de conscience. De l’importance de la sacralité des premiers moments, mais aussi de la réalité que vivent la majorité des familles. Puis, on peut imaginer ces moments : qu’est-ce qu’on souhaite vivre, vraiment ? On peut s’inspirer des récits d’autres femmes, en discuter avec sa doula, puis décrire ces moments imaginés au personnel médical qui nous suit, formuler des souhaits, construire un projet de naissance qui inclut les premiers moments. Je voudrais… un clampage tardif, qu’on reporte autant que possible les premiers soins, qu’on laisse cicatriser ma déchirure sans point si c’est envisageable, qu’on tamise les lumières, pas de poussée dirigée, pas de délivrance dirigée si les conditions sont optimales pour respecter la physiologie, je veux toucher mon placenta, le mettre dans un bol, pouvoir le lire après la naissance, en faire une empreinte. Je veux un bébé lotus, un peau-à-peau immédiat, qu’on ne pèse pas mon bébé de suite. Je veux du silence, qu’on nous laisse dans notre bulle, qu’on ne touche pas mon corps sans mon consentement. Je veux me déplacer pour aller aux toilettes, pas faire pipi sur une table. Je veux attendre la poussée réflexe, choisir la position dans laquelle j’enfanterai. La doula peut avoir un rôle essentiel quand elle peut assister à la naissance : celui de protéger l’espace sacré de cette première heure où la famille est réunie.

 

Il y en a de la matière à discuter avec les équipes médicales ! Et s’il y a un soucis, une séparation à la naissance pour raison médicale ? Oui, la séparation sera probablement un déchirement, un trauma qu’il faudra apprivoiser pour le transcender. Mais l’heure d’or peut être vécue en différé, et la bulle d’amour tout aussi préservée, protégée. Il me semble même essentiel de faire l’exercice de se projeter dans un scénario de séparation, afin de pouvoir préparer un projet de naissance en conséquence. Le fameux “au cas où” qu’on espère ne jamais croiser mais qu’on prépare quand même pour le vivre au mieux si jamais la vie nous fait traverser cette épreuve.

 

Manifestons nos demandes, définissons nos envies, nos besoins, communiquons ! Emparons-nous du sujet des premiers instants, et osons demander la lune pour faire bouger les lignes !

L’heure d’or fait partie du post-partum immédiat. Pour vous sentir accompagnée dans la préparation de votre post-partum, vous pouvez lire le livret n°06, qui a été imaginé pour vous aider à préparer et à vivre un post-partum optimal. 

Livret n°06 – Post partum

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